Ce que vous devez vraiment savoir sur le permis de chasser : on a posé vos questions à un expert
Résumé rapide : Le permis de chasser en France nécessite de réussir un examen théorique et pratique organisé par la Fédération Nationale des Chasseurs. Entre les conditions d'inscription, le contenu de l'épreuve et les pièges classiques, beaucoup de candidats se posent les mêmes questions. Voici les réponses claires et honnêtes à tout ce qui vous tracasse avant de vous lancer.
Jean-Marc Delorme chasse depuis plus de trente ans dans la Sarthe. Formateur bénévole pour la Fédération Départementale des Chasseurs depuis une quinzaine d'années, il a accompagné des centaines de candidats vers leur permis. Quand je lui ai demandé de répondre aux questions les plus fréquentes qu'il entend chaque année, il n'a pas hésité une seconde. "C'est toujours les mêmes angoisses, dit-il en souriant. Autant y répondre une bonne fois pour toutes."
Quel âge minimum faut-il avoir pour passer le permis de chasser ?
La règle de base, c'est 16 ans. Mais attention, un mineur de 16 ou 17 ans doit obligatoirement obtenir l'accord écrit de ses parents ou de son tuteur légal pour s'inscrire à l'examen. En pratique, j'ai vu des jeunes de 16 ans très sérieux réussir du premier coup — l'âge n'est vraiment pas un facteur déterminant. Ce qui compte, c'est la motivation et la préparation.
Comment s'inscrire à l'examen du permis de chasser ?
La démarche est plus simple qu'on ne le croit. Il faut contacter la Fédération Départementale des Chasseurs de votre département de résidence. Vous pouvez le faire directement sur leur site ou par téléphone. Ils vous communiqueront les dates des sessions disponibles — il y en a généralement plusieurs dans l'année — et la liste des documents à fournir.
Ces documents incluent typiquement une pièce d'identité, un justificatif de domicile, une photo d'identité, un certificat médical attestant que vous n'avez pas de contre-indication à la pratique de la chasse, et bien sûr le règlement des frais d'inscription. Ces frais varient légèrement selon les départements, mais comptez généralement entre 35 et 50 euros pour l'examen lui-même.
En quoi consiste concrètement l'examen ?
Voilà une question que j'entends à chaque session. L'examen comporte deux parties distinctes, et les deux sont obligatoires.
La première, c'est l'épreuve théorique. Elle se compose de 21 questions à choix multiples portant sur :
- La réglementation de la chasse
- La reconnaissance des espèces (gibier et espèces protégées)
- Les règles de sécurité
- L'environnement et l'éthique cynégétique
La seconde partie est pratique. Elle évalue votre comportement face à des situations concrètes de chasse simulées, notamment le maniement sécurisé de l'arme. Honnêtement, c'est souvent cette partie qui stresse le plus les candidats — et pourtant, avec un minimum de préparation, elle se passe très bien.
Combien de questions peut-on rater à l'écrit ?
Pour valider l'épreuve théorique, il faut obtenir au moins 15 bonnes réponses sur 21. Soit un maximum de 6 erreurs tolérées. Mais — et c'est crucial — certaines questions sont dites "éliminatoires". Si vous répondez incorrectement à une question portant sur la sécurité des personnes, vous êtes recalé automatiquement, peu importe votre score global. La sécurité, c'est non-négociable.
Est-ce que l'examen est vraiment difficile ?
Franchement ? Non, si on s'y prépare sérieusement. Le taux de réussite national tourne autour de 80%, ce qui est rassurant. Là où les candidats échouent, c'est souvent sur la reconnaissance des espèces — distinguer un canard colvert d'une sarcelle d'hiver, par exemple — et sur des points précis de réglementation. Ce sont des choses qui s'apprennent, pas des connaissances innées.
Je me souviens d'un candidat ingénieur qui était convaincu de réussir sans vraiment réviser. Il a raté. Et une agricultrice de 58 ans qui doutait d'elle-même et avait travaillé méthodiquement pendant deux mois — elle a eu 19/21. Ça dit tout.
Combien de temps faut-il pour se préparer ?
En moyenne, comptez entre 4 et 8 semaines de préparation régulière. Pas besoin de réviser 4 heures par jour — 30 à 45 minutes par session, avec des exercices variés, c'est largement suffisant. Ce qui fait la différence, c'est la régularité. Beaucoup de candidats utilisent aujourd'hui des applications de quiz ou des plateformes en ligne pour s'entraîner sur des questions-types. C'est vraiment efficace pour ancrer les connaissances.
Les formations proposées par les fédérations départementales sont aussi un excellent investissement. En plus des cours, vous y rencontrez d'autres candidats et des formateurs expérimentés — ça aide vraiment à dédramatiser l'épreuve.
Le permis obtenu, peut-on chasser partout en France ?
Pas exactement. Le permis de chasser est national, ce qui signifie qu'il vous autorise légalement à chasser sur l'ensemble du territoire français. Mais pour pouvoir chasser concrètement quelque part, vous devez en plus valider votre permis chaque année auprès d'une fédération départementale — et payer la cotisation correspondante. Cette cotisation inclut notamment l'assurance obligatoire.
Si vous souhaitez chasser dans plusieurs départements, il existe des formules de validation interdépartementale ou nationale. C'est quelque chose à anticiper selon votre pratique envisagée.
Peut-on repasser l'examen en cas d'échec ?
Oui, sans limitation de tentatives. Il n'y a pas de délai de carence imposé entre deux sessions — vous pouvez vous réinscrire dès la prochaine date disponible. En pratique, je conseille toujours de prendre le temps d'analyser ses erreurs avant de se représenter. Rater sur les mêmes points deux fois de suite, c'est frustrant et évitable.
Faut-il posséder une arme pour passer l'examen ?
Non. Les armes utilisées lors de l'épreuve pratique sont fournies par l'organisateur. Vous n'avez rien à apporter. C'est d'ailleurs une bonne chose, car manipuler une arme qu'on ne connaît pas encore peut sembler intimidant — les formateurs sont là pour guider les candidats pas à pas.
Y a-t-il des contre-indications médicales au permis de chasser ?
Oui, certaines pathologies peuvent constituer une contre-indication. Le certificat médical exigé à l'inscription sert précisément à attester que vous ne présentez pas d'affection incompatible avec la pratique de la chasse et le port d'armes. Il s'agit notamment de certains troubles visuels sévères, de pathologies affectant la coordination ou le jugement, ou de certaines addictions. Votre médecin généraliste est le mieux placé pour vous orienter sur ce point.
Le permis de chasser a-t-il une durée de validité ?
Le permis en lui-même est permanent — une fois obtenu, vous ne repassez pas l'examen. En revanche, pour chasser légalement, vous devez le valider chaque année. Cette validation annuelle, effectuée auprès d'une fédération départementale, inclut le paiement des redevances cynégétiques et la souscription à une assurance. Sans cette validation, votre permis est inactif pour la saison concernée.
Ce qu'il faut retenir avant de se lancer
- L'examen est accessible avec une préparation sérieuse de 4 à 8 semaines — le taux de réussite est d'environ 80%.
- Les questions de sécurité sont éliminatoires : elles doivent être maîtrisées sans aucune approximation.
- La reconnaissance des espèces est souvent le point faible des candidats — travaillez-y dès le début.
- L'inscription se fait via la Fédération Départementale de votre lieu de résidence, avec quelques documents simples à réunir.
- Le permis obtenu est permanent, mais nécessite une validation annuelle pour pouvoir chasser.
Pour aller plus loin
Quelques ressources incontournables pour préparer votre examen dans les meilleures conditions :
- La Fédération Nationale des Chasseurs (chasseurs-de-france.fr) — toutes les informations officielles sur l'examen et les fédérations départementales
- Votre Fédération Départementale des Chasseurs — pour les dates de sessions, les formations et les contacts locaux
- Les applications de quiz spécialisées — plusieurs applications mobiles proposent des entraînements sur des questions-types de l'examen, très utiles pour réviser en déplacement
- Les stages de préparation organisés par les fédérations — souvent sur un ou deux weekends, ils combinent théorie et pratique de manière très efficace
Comme le dit toujours Jean-Marc en fin de session : "Le permis de chasser, c'est une porte qui s'ouvre sur une passion. Prenez le temps de bien la pousser."
FAQ — Questions fréquentes sur le permis de chasser
Quel est le taux de réussite à l'examen du permis de chasser en France ?
Le taux de réussite national est d'environ 80%. Avec une préparation sérieuse de quelques semaines, la grande majorité des candidats réussissent du premier coup.
Combien coûte le permis de chasser en France ?
Les frais d'inscription à l'examen varient entre 35 et 50 euros selon les départements. À cela s'ajoutent les frais de validation annuelle du permis, qui incluent les redevances cynégétiques et l'assurance obligatoire.
Peut-on passer le permis de chasser à 16 ans ?
Oui, l'âge minimum est 16 ans. Les mineurs doivent fournir une autorisation écrite de leurs parents ou tuteurs légaux pour s'inscrire à l'examen.
Combien de fois peut-on repasser l'examen du permis de chasser ?
Il n'y a aucune limite au nombre de tentatives. Vous pouvez vous réinscrire à la prochaine session disponible sans délai d'attente imposé.
Faut-il renouveler son permis de chasser chaque année ?
Le permis lui-même est valable à vie une fois obtenu. En revanche, une validation annuelle auprès d'une fédération départementale est obligatoire pour pratiquer la chasse légalement chaque saison.