La faune sauvage chassable en France regroupe plusieurs dizaines d'espèces, réparties entre grand gibier, petit gibier, oiseaux migrateurs et nuisibles classés. La réglementation faune chasse encadre précisément quelles espèces peuvent être prélevées, par qui, et à quelle période. Voici un tour d'horizon complet pour comprendre ce qui est légalement chassable sur le territoire français.
Introduction
Chaque saison, des milliers de chasseurs s'interrogent sur la même question fondamentale : qu'est-ce que je suis vraiment en droit de chasser ? La réponse n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire. Entre les espèces protégées, les quotas régionaux et les arrêtés préfectoraux qui changent d'une année sur l'autre, naviguer dans la réglementation faune chasse française peut vite tourner au casse-tête. Je vous propose de démêler tout ça avec clarté, en passant en revue les grandes catégories de la faune sauvage France autorisée au prélèvement.
1. Le Grand Gibier : la catégorie reine de la chasse française
Sanglier, cerf élaphe, chevreuil, daim, mouflon — voilà les stars incontestées des forêts françaises. Ces espèces constituent ce qu'on appelle le grand gibier, et leur chasse est encadrée de manière très stricte. En pratique, vous aurez besoin d'un plan de chasse individuel attribué par l'administration, ce qui signifie que vous ne pouvez pas prélever autant d'animaux que vous le souhaitez.
Le plan de chasse a été instauré précisément pour éviter la surexploitation des populations. Honnêtement, c'est un système qui fonctionne plutôt bien : les populations de cervidés en France sont aujourd'hui en bonne santé, parfois même trop abondantes dans certaines régions. Le sanglier, lui, est un cas à part — il est considéré comme une espèce à réguler activement, ce qui explique pourquoi les modalités de chasse sont plus souples à son égard.
La chasse en battue reste la méthode la plus répandue pour le grand gibier, mais l'approche et l'affût gagnent en popularité, notamment pour le chevreuil. Chaque département fixe ses propres dates d'ouverture et de clôture dans le cadre défini par l'arrêté national.
2. Le Petit Gibier sédentaire : lièvres, lapins et perdrix
Le lièvre d'Europe, le lapin de garenne, la perdrix rouge, la perdrix grise et le faisan de chasse — voilà les espèces emblématiques du petit gibier sédentaire. Ces animaux font partie intégrante du patrimoine cynégétique français, mais leur situation est préoccupante. Les populations de lièvres et de perdrix ont chuté de façon spectaculaire depuis les années 1970, principalement à cause des transformations agricoles.
Résultat : dans de nombreux départements, des restrictions supplémentaires s'appliquent. Certains secteurs sont carrément fermés à la chasse au lièvre pour permettre aux populations de se reconstituer. Je me souviens d'une saison où le quota journalier de lièvres dans mon secteur avait été réduit à un seul animal par chasseur — une mesure frustrante sur le moment, mais tout à fait compréhensible quand on regarde les chiffres.
Le faisan, quant à lui, est souvent repeuplé artificiellement par les sociétés de chasse, ce qui pose d'ailleurs la question de la durabilité de cette pratique sur le long terme.
3. Les Oiseaux Migrateurs : une réglementation particulièrement complexe
Voici où ça se complique vraiment. Les oiseaux migrateurs chassables en France incluent notamment la bécasse des bois, la bécassine des marais, la caille des blés, la tourterelle des bois, les canards colverts, les oies, les pigeons ramiers et bien d'autres. Ces espèces font l'objet d'une réglementation spécifique, en partie dictée par des directives européennes — notamment la directive Oiseaux.
La France est régulièrement en conflit avec la Commission européenne sur ce sujet, notamment concernant les chasses traditionnelles comme la chasse à la palombe aux filets dans les Pyrénées ou la chasse à la glu en Provence. Ces méthodes ancestrales sont dans le viseur de Bruxelles depuis des années. C'est un débat qui dépasse largement la simple question cynégétique — il touche à la culture, à l'identité régionale.
Les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse aux migrateurs varient chaque année et sont fixées par arrêté ministériel. Toujours vérifier avant de sortir.
4. Le Gibier d'eau : canards, oies et limicoles
Le gibier d'eau mérite sa propre catégorie tant sa réglementation est spécifique. Canard colvert, sarcelle d'hiver, fuligule milouin, bernache du Canada, oie cendrée — la liste des chasse animaux autorisés dans cette catégorie est longue mais précisément définie par arrêté. La chasse se pratique principalement depuis des postes fixes (huttes, tonnes) ou en marais.
Ce qui distingue cette pratique, c'est la dimension nocturne qu'elle peut prendre dans certains cas, et l'utilisation d'appelants vivants — une spécificité française qui fait aussi l'objet de débats. Les zones humides étant des écosystèmes fragiles, la pression réglementaire est forte et je pense que c'est justifié.
5. Les Espèces Susceptibles d'Occasionner des Dégâts (ESOD) : l'ancienne liste nuisibles
Depuis 2019, on ne parle plus officiellement de "nuisibles" mais d'Espèces Susceptibles d'Occasionner des Dégâts (ESOD). Renard roux, corbeau freux, corneille noire, étourneau sansonnet, pie bavarde, lapin de garenne dans certains contextes — ces espèces peuvent être régulées en dehors des périodes de chasse, sous conditions.
La liste des ESOD est révisée tous les trois ans au niveau national, puis adaptée par arrêté préfectoral dans chaque département. Ici, la notion de faune sauvage France prend tout son sens : un renard est une espèce protégeable dans un contexte, et régulable dans un autre, selon les enjeux locaux (protection de l'élevage, préservation d'autres espèces).
C'est un système qui demande une bonne connaissance des textes locaux. Ne présumez jamais qu'une espèce est automatiquement piégeable partout en France.
6. Les Ongulés de Montagne : chamois, bouquetin et isard
En altitude, les règles changent encore. Le chamois et l'isard (son cousin pyrénéen) sont chassables via plan de chasse dans les massifs alpins et pyrénéens respectivement. Le bouquetin des Alpes, en revanche, est une espèce entièrement protégée depuis sa réintroduction réussie au XXe siècle — aucun prélèvement n'est autorisé.
La chasse en montagne reste une pratique très encadrée, avec des attributions limitées et souvent très demandées. C'est un univers à part, qui nécessite une condition physique sérieuse et une connaissance approfondie du terrain. Typiquement, les plans de chasse pour chamois sont très recherchés et les attributions restent rares dans les secteurs à forte pression cynégétique.
7. La Chasse Sous-marine et le Gibier de Mer : une parenthèse utile
Strictement parlant, la faune marine n'entre pas dans le champ de la réglementation chasse — elle relève de la pêche. Mais il m'a semblé utile de le préciser, car la confusion existe parfois sur le statut du phoque, du grand dauphin ou de certains oiseaux marins. Toutes ces espèces sont intégralement protégées. Aucune chasse n'est possible.
Conseil d'Expert
Mon conseil d'insider : Ne vous fiez jamais uniquement au calendrier de l'année précédente. Chaque été, les arrêtés préfectoraux peuvent modifier les listes d'espèces chassables, les quotas journaliers ou les zones ouvertes à la chasse. Consultez systématiquement le site de votre fédération départementale de chasse avant l'ouverture — beaucoup publient désormais des applications mobiles qui centralisent toutes ces informations en temps réel. C'est le meilleur moyen d'éviter une infraction involontaire qui pourrait vous coûter votre permis.
Conclusion
La faune sauvage chassable en France est à la fois diverse et précisément encadrée. Grand gibier sous plan de chasse, petit gibier sédentaire soumis à des quotas croissants, oiseaux migrateurs sous pression européenne, ESOD régulées localement — chaque catégorie a ses propres règles, et c'est bien là toute la complexité (et la richesse) du droit de la chasse en France.
- La réglementation faune chasse française distingue plusieurs grandes catégories d'espèces chassables
- Le plan de chasse est obligatoire pour la quasi-totalité du grand gibier
- Les oiseaux migrateurs sont soumis à des arrêtés annuels spécifiques
- Les ESOD remplacent depuis 2019 l'ancienne liste des nuisibles
- Vérifier les arrêtés préfectoraux locaux reste indispensable chaque saison
Questions Fréquentes (FAQ)
Quelles sont les espèces de grand gibier chassables en France ?
En France, le grand gibier chassable comprend principalement le sanglier, le cerf élaphe, le chevreuil, le daim, le mouflon et, en montagne, le chamois et l'isard. La chasse de ces espèces est soumise à un plan de chasse individuel attribué par l'administration départementale.
Comment savoir si une espèce est classée ESOD dans mon département ?
Les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) sont définies par un arrêté national triennal, puis précisées par arrêté préfectoral dans chaque département. Consultez le site de votre préfecture ou de votre fédération départementale de chasse pour connaître la liste exacte applicable à votre territoire.
La bécasse des bois est-elle toujours chassable en France ?
Oui, la bécasse des bois reste chassable en France, mais sous conditions strictes. Des quotas journaliers et saisonniers s'appliquent selon les départements. Les dates d'ouverture et de fermeture sont fixées chaque année par arrêté ministériel, et certains départements peuvent appliquer des restrictions supplémentaires selon l'état des populations.
Le bouquetin des Alpes peut-il être chassé en France ?
Non. Le bouquetin des Alpes est une espèce intégralement protégée en France. Sa chasse est strictement interdite. Il a été réintroduit avec succès dans les Alpes françaises au XXe siècle après avoir failli disparaître, et bénéficie d'une protection totale.
Quelle est la différence entre gibier sédentaire et gibier migrateur ?
Le gibier sédentaire désigne les espèces qui vivent toute l'année sur un territoire donné, comme le lièvre, le lapin ou la perdrix. Le gibier migrateur regroupe les espèces qui se déplacent saisonnièrement entre différents pays, comme la bécasse, la caille ou les canards. La réglementation qui s'applique à chaque catégorie est différente, les migrateurs étant en partie encadrés par des directives européennes.